Les contrats à terme sur le brut Brent ont atteint hier leur objectif de croissance anticipé, soutenus par les dernières données de l’EIA faisant état d’un déclin hebdomadaire significatif des stocks pétroliers américains. Ces chiffres corroborent les statistiques antérieures publiées par l’API. La réduction des inventaires fait suite à la reprise des activités des raffineries américaines après leur maintenance programmée, ainsi qu’à une intensification de la production de carburants – à l’approche de la saison estivale des déplacements automobiles, qui débutera dans deux mois.

Un facteur plus déterminant de la hausse des cours pourrait résider dans l’évolution de la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. Les récentes mesures ont renforcé les sanctions sur les exportations pétrolières iraniennes, y compris par un resserrement des sanctions secondaires. Pour autant, les opinions sur les marchés demeurent partagées : certains opérateurs doutent que les barils iraniens soient totalement évincés. Plusieurs grands négociants en pétrole conservent une posture baissière, estimant que les efforts pour contenir les prix l’emporteront in fine sur d’autres considérations stratégiques.

Au sein du secteur pétrolier et gazier américain, une prudence marquée prévaut. Les représentants de l’industrie ont exprimé des réserves quant à l’incertitude liée aux politiques en vigueur, susceptible d’accroître les coûts de production dans un contexte de volatilité persistante des cours. Pour justifier de nouveaux investissements en forage, les prix devraient se stabiliser entre 75 et 80 dollars le baril. Les projections actuelles du secteur tablent sur un prix du WTI à 68 dollars d’ici fin 2025, 74 dollars en 2027, et 82 dollars à l’horizon 2030.