Dans un revirement stratégique notable, l’OPEP+ a choisi d’augmenter sa production pétrolière de 411 mille barils par jour (kb/j) dès mai, dépassant ainsi largement l’ajustement anticipé de 135 kb/j. Cette décision anticipe en réalité l’application des quotas de juillet, marquant une rupture avec la progression mensuelle graduelle observée jusqu’à présent.
Une sortie progressive des restrictions volontaires
Cette mesure s’inscrit dans la stratégie plus large de l’OPEP+ visant à réduire progressivement ses coupes de production, qui s’élèvent actuellement à 2,5 millions de barils par jour (mb/j). Le cartel avait déjà indiqué son intention de lever totalement ces restrictions d’ici septembre 2026, une échéance calquée sur la croissance annuelle prévue de la demande mondiale (1,2 à 1,5 mb/j).
Impact sur les marchés : équilibre entre offre et demande
Si cette décision accroît l’offre disponible, elle reste conforme à l’approche mesurée de l’OPEP+ pour ajuster sa production aux tendances de consommation. On maintient ainsi la prévision de prix du Brent à 70 dollars pour 2025.
Le rôle stabilisateur de la production américaine
Un facteur clé d’équilibre réside dans la production de schiste américain, dont le seuil de rentabilité pour un nouveau forage se situe en moyenne à 69 dollars le baril. Si les prix s’en approchent, un ralentissement naturel de la croissance de l’offre aux États-Unis pourrait atténuer une volatilité excessive.
La décision de l’OPEP+ reflète moins un changement brutal qu’un rééquilibrage stratégique. L’interaction entre la reprise de la demande mondiale, la politique d’offre du cartel et l’économie des producteurs hors OPEP continuera de modeler la dynamique des marchés dans les mois à venir.